
Simon Phipps, Sun's Chief Open Source Officer, a animé une rencontre/débat sur l'open-source le 14 janvier 2009 en présence de représentants du Paris Java User Group (www.parisjug.org), de l'OSS Get Together Paris (www.ossgtp.org), du groupe d'utilisateurs francophones de Solaris et OpenSolaris (guses.org) et du Mysql User Group (LeMug.fr).
Simon Phipps a tout d'abord fait un bref rappel historique. A la fin des années 1970, deux groupes distincts établirent les racines du mouvement open-source actuel.
-Richard STALLMAN, un chercheur dans un laboratoire d'intelligence artificiel au MIT, lança le projet GNU et la Free Software Fondation.
-Sur la côte ouest américaine, le Computer Science Research Group de l'université de Berkeley s'attachait à améliorer le système d'exploitation Unix. Cet effort convergea vers une variante appelée BSD Unix. Après avoir été restreint à un nombre limité d'utilisateurs, ce logiciel fut distribué à la fin des années 1980 sous une des premières licences open-source : la licence BSD.
Simon Phipps a ensuite évoqué une prévision du GARTNER Group stipulant qu'en 2011, au moins 80% des logiciels commerciaux contiendront au moins une partie de code open source.
Un des thèmes les plus intéressants de la conférence était la comparaison des modèles propriétaire et open-source.
Dans un modèle propriétaire, le prospect devient un client. Dans un modèle économique articulé autour de l'open-source, l'utilisateur devient le client. Le terme anglais est d'ailleurs plus parlant puisqu'on parle d'"Adoption Led Process". Ce modèle économique favorise dans un premier temps l'adoption de logiciels. La rémunération se fera lorque les logiciels auront été diffusé par la vente de contrats de support.
Simon Phipps a ensuite rappelé un des défis majeurs de l'open source : les licences. Rappelons à ce titre les principales licences de type open source. Actuellement, les trois types de licence les plus communes sont :
- BSD (Berkeley Software Distribution): la caractéristique majeure de cette licence est qu'elle n'impose pas de contraintes sur ce qu'un utilisateur peut faire d'un logiciel, y compris des inclusions dans des outils commerciaux.
- GPL (GNU General Public Licence) : Les outils GNU ou le noyau Linux sont distribués sous ce type de licence. Ses caractéristiques sont les suivantes :
Elle autorise la distribution des binaires seulement si le code source y est joint
Elle autorise la distribution des sources et la rend obligatoire en cas de distribution d'un binaire.
Elle autorise la modification sans restriction, si les produits dérivés sont aussi couverts par une licence de type GPL.
Une intégration avec des logiciels tiers est possible seulement si ceux-ci sont de type GPL. Il existe néanmoins une licence dérivée LGPL (GNU Lesser General Public Licence), qui autorise l'intégration avec des logiciels tiers même s'ils sont propriétaires.
- MPL (Mozilla Public Licence) : A l'origine, cette licence a été élaborée par Netscape pour distribuer le code du navigateur Mozilla. Elle est proche de la licence GPL. Elle est néanmoins orientée entreprise.
Il existe bien entendu d'autres types de licence, comme la licence Apache qui autorise les distributions de code sous forme commerciale.
Rappelons aussi que dans une perspective d'ingénierie du développement, les problématiques de copyright, de marque déposée et de licences sont censées fournir à l'utilisateur final:
- la disponibilité du code source et la possibilité de le modifier,
- la possibilité de redistribuer les modifications et les améliorations du code,
- la possibilité d'utiliser le logiciel comme on le souhaite.
Pour une entreprise, l'adoption de logiciel open-source se juge notamment sur des critères financiers. Et dans ce cadre, le coût d'acquisition, de maintenance et de migration sont clairement à l'avantage des solutions open-source.
En résumé, cette présentation était plutôt une explication de la stratégie de Sun pour ses utilisateurs phares (java, mysql et solaris). Il semblait clair à l'issue de l'exposé que Sun s'oriente clairement vers une stratégie de type Adoption Led Process. Un des aspects les plus intéressants du mouvement open-source n'a pas été abordé : l'influence du monde open-source sur l'émergence de nouvelles formes d'organisation dans la production de logiciels. Toutefois, ça n'était pas l'objectif de la soirée. Nous terminerons donc par une citation de Simon Phipps : the greatest ennemy of freedom is a happy slave.
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